Faites du sport pour votre santé, pas pour perdre du poids

Un article paru sur le site Pocket aux Etats-Unis démontre en s’appuyant sur plus de 60 études et des entretiens avec des chercheurs de premier plan que la pratique du sport n’est pas efficace pour perdre du poids dans la durée. En revanche, les activités sportives sont particulièrement recommandées pour maintenir un poids de forme et pour les bénéfices sur la santé. Pour éliminer les kilos, c’est l’adoption d’un comportement alimentaire sain qui présente les meilleurs résultats. Un article qui tord le cou à certaines idées reçues que l’on décrypte pour vous.

L’article de Julia Belluz, illustré par Javier Zarracina, commence cash : la promesse d’effacer les calories de votre pâtisserie préférée, de votre apéro ou plat favori en pratiquant une activité sportive (vous savez, les 700 calories volatilisées sur votre appli à l’issu de 45 minutes de footing) est non seulement fausse mais également contre-productive pour lutter contre la surcharge pondérale et l’obésité.

La pratique sportive est excellente pour la santé

L’auteur rappelle les bénéfices indiscutables et prouvés de la pratique sportive sur la santé : diminution de la pression artérielle et du cholestérol, réduction du risque de diabète de type 2, d’accidents cardio-vasculaires et de troubles cognitifs dus à la maladie d’Alzheimer.
En outre, des expériences ont montré que les personnes qui ont perdu du poids ont réussit à maintenir leur silhouette grâce à une activité physique quotidienne. Les chercheurs sont donc formels, la pratique sportive est un remède pour la santé et s’avère précieuse pour maintenir à long terme un poids de forme.

Seule, l’activité physique est presqu’inutile pour perdre du poids

Si une poignée de personnes parvient à fondre grâce à une pratique sportive assidue, la grande majorité constatera un effet limité sur les chiffres de la balance (quelques kilos seulement) après de longues heures à suer. Selon les spécialistes, la règle selon laquelle on perd du poids en brulant des calories par rapport aux calories de l’alimentation, est jugée trop simpliste. Le bilan énergétique humain est un système dynamique et adaptable, et la pratique sportive ne fait pas « que » brûler des calories, elle engendre une cascade de changements corporels, psychologiques ou physiologiques :

  • plusieurs études ont souligné que les gens semblaient consommer davantage de nourriture après leur activité physique soit parce qu’ils pensaient avoir éliminé beaucoup de calories, soit parce qu’ils avaient davantage d’appétit. 1 heure d’entrainement peut être effacée par une part de pizza !
  • après une séance de sport, certaines personnes peuvent être tentées de ralentir leur activité physique ou ne plus faire les efforts quotidiens comme prendre les escaliers, par fatigue ou par satisfaction d’avoir fait assez d’efforts : c’est un « comportement compensatoire » qui mine subtilement le lien entre le sport et la perte de poids,
  • la « compensation métabolique » peut également être observée : une activité sportive intensive peut engendrer une réponse de protection du corps (un mécanisme de « survie ») où le métabolisme va dépenser moins d’énergie en dehors des exercices pour préserver ses réserves de graisses pour les besoins énergétiques futurs.

Les fonctions vitales brûlent davantage d’énergie que le sport

Notre corps a besoin d’énergie pour fonctionner, même au repos (métabolisme de base). Il est admis que ce métabolisme de base représente 60 à 80% de la dépense énergétique totale. A cette dépense, s’ajoute la digestion des aliments, qui représente 10 % en moyenne. L’activité physique (se déplacer par exemple, ou la pratique sportive) ne représente que 10 à 30% de la dépense énergétique totale, à l’exception des sportifs professionnels ou les athlètes. C’est pourquoi la pratique sportive aura un impact limité sur la dépense énergétique totale. De plus, les chercheurs ont observé que la dépense énergétique liée à la pratique sportive pouvait atteindre un plafond : dès que le plafond atteint, le corps ne brûle pas davantage de graisses mais limite l’énergie nécessaire à son métabolisme.

L’activité physique, une diversion ?

Pour rappel, depuis les années 1980, la prévalence de l’obésité a doublé dans le monde s’établissant à 13% selon l’OMS. Plus de 2 américains sur 3 (1 sur 2 en France) est en surpoids ou obèse. Selon l’auteur, le message des pouvoirs publics américains mettant au même niveau le manque d’activité physique et la consommation excessive de nourriture (et de calories) est en partie responsable du développement de l’obésité. L’industrie alimentaire, qui encourage l’activité physique comme la solution pour compenser les effets d’une consommation de leurs produits, est également mise en cause. En d’autres termes, l’activité physique serait une diversion pour nous faire perdre de vue que c’est principalement une alimentation trop abondante et riche qui engendre l’obésité et la surcharge pondérale.

La bonne méthode pour perdre du poids : adopter des habitudes alimentaires saines

En s’appuyant sur le registre national du contrôle du poids, une étude menée auprès de 10000 membres qui ont perdu du poids et qui ont maintenu leur poids de forme pendant un an minimum, les chercheurs ont relevé les facteurs de réussite suivants : une limitation de leur apport en calories, la réduction d’aliments riches en gras, des portions moins grandes, un suivi du poids (une fois par semaine) et une activité physique régulière (dont l’impact est marginal sur la perte de poids : cf. graphique ci-dessous).
Adopter un comportement alimentaire sain est donc la bonne méthode pour perdre du poids. La pratique d’une activité physique régulière a de réelles vertus pour améliorer votre santé et permet de maintenir votre poids de forme, mais le sport n’est pas la solution pour éliminer durablement vos kilos en trop.

Retrouvez les graphiques et l’intégralité de l’article en Anglais sur le site Pocket (article initialement publié sur le site vox.com).
Crédit Photo : Pexels Willian Choquette